| Les conséquences des choix stratégiques fédéraux sur le fonctionnement de notre zone. |
| Écrit par Murielle Verheven | |
| 17-02-2010 | |
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Une conférence de presse s'est tenue ce mercredi 17 février 2010 à Nivelles. Vous trouverez ci-après le texte intégral des diverses interventions des autorités. Comme vous le savez la zone de police Nivelles – Genappe, et ses autorités, souhaitent depuis sa mise en place être au service de ses citoyens. Pour ce faire, elle a mis en place des équipes d’intervention efficaces, remplissant leur rôle social ou de régulateur. Elle a également mis en place un nombre d’agents de quartier conséquent (un agent pour 1650 habitants) dépassant en cela la norme fédérale (un agent pour 4000 habitants). Enfin, elle a mis à la disposition des autorités judiciaires un service local de recherches très efficace, dont l’activité en 2009 a notamment été marquée par le démantèlement de réseaux stupéfiants, par l’arrestation de taggueurs ou encore par l’élucidation de cambriolages. Cette organisation a permis de mieux faire connaître notre police et d’assurer un service de qualité aux citoyens de Nivelles et de Genappe. Tous les résultats engrangés durant ces dernières années risquent cependant d’être mis à mal durant cette année 2010 par l’exécution de missions à caractère fédéral et suite aux décisions fédérales. Nous citerons dans cette conférence de presse : Des exemples propres à l’exécution des missions judiciaires notamment :
Des décisions fédérales ayant de lourdes conséquences sur le fonctionnement de la zone et sa volonté de répondre aux demandes des citoyens :
Le procès Habran bis et l’exécution des missions de transferts et de gardes aux palais de justice 1 Le procès Habran bis Ne souhaitant pas nous prononcer dans un domaine qui n’est pas de notre ressort, nous ne nous étendrons pas sur les difficultés de tenir un tel procès, long et au risque criminel certain, dans une Cour d’Assises comme celle du Brabant wallon. Le Procureur du Roi a exposé il y a quelques semaines ses arguments aux autorités fédérales. Mais il est évident que notre zone de police doit compenser les manques d’investissements dans les juridictions de Nivelles en plaçant de l’effectif supplémentaire pour les transferts et la protection des lieux.
Nous insisterons davantage sur l’effectif à mettre en place durant ce procès. Ce dernier se tenant sur une durée approximative de trois mois, l’engagement en personnel représente une charge insurmontable pour une zone comme la nôtre. Nous devons donc solliciter des renforts de la police fédérale, voire des autres zones du Brabant wallon. Ces renforts ne nous ont pas encore formellement été octroyés. Nous espérons les obtenir afin de ne pas grossir davantage notre propre engagement.
2 Les missions judiciaires : transferts, garde aux audiences, réquisitions prison Précisons encore que, durant ce procès, la vie ordinaire d’un palais de justice comme celui de Nivelles et d’une prison continue.
Si on additionne le procès Habran Bis et les missions habituelles de transferts et gardes des salles d’audience, notre zone, aidée de ses renforts, doit fournir un effectif d’environ 60 policiers par jour !!! Je laisse à chacun le soin de recalculer le montant que cela représente. Pour ne pas alourdir le débat, nous ne parlerons même pas aujourd’hui des grèves dans les prisons qui condamnent trop souvent notre personnel à abandonner sa population alors que les autorités fédérales nous promettent depuis longtemps une possibilité de réquisition des gardiens de prison, comme cela existe pour les policiers.
Pour être synthétiques, n’oublions pas que si notre zone fournit l’effort le plus conséquent parmi les zones du Brabant wallon, ces dernières ne sont malheureusement pas épargnées et devront largement contribuer à l’effort, au détriment de leurs objectifs locaux. Nous ferons part dès aujourd’hui de cette demande aux autorités fédérales, régionales ou provinciales afin que Nivelles soit placée au même niveau que certaines autres villes, prises en compte comme chef-lieu de Province. Les implications budgétaires Plus globalement, nous voulons insister sur le fait que les engagements en personnel et financiers que nous venons d’évoquer se situent dans un contexte budgétaire très défavorable à notre zone de police et nos communes. Cette décision peut avoir un impact direct sur le fonctionnement de notre zone. En effet, pour compenser les engagements de notre zone dans les services d’ordre d’autres communes et pour augmenter notre présence policière sur le terrain, les autorités fédérales ont mis à notre disposition depuis quelques années certains de leurs membres. L’intention des autorités fédérales est dorénavant de revoir ce système de détachement au sein des zones et de les faire davantage participer aux services d’ordre dans les grandes villes. Ce sera notamment le cas lors de la présidence européenne. C’est donc une conséquence pour notre visibilité sur le terrain. En outre, si aucun engagement n’a lieu à la police fédérale durant plusieurs mois, il y a fort à parier que ces membres du corps d’intervention ou les membres actuellement affectés à la réserve fédérale (également engagés dans les services d’ordre ou les missions de protection particulières) ne seront pas remplacés à terme. Par conséquent, ce sont les effectifs de notre zone qui devront pallier ces non-remplacements.
2 La diminution du cadre des assistants de sécurité du SPF Justice ou leur orientation vers Bruxelles Du côté du Service public fédéral Justice, nous avions également reçu des renforts pour nous aider dans la mission de transferts de détenus et de garde des audiences aux palais de justice. Nous avions reçu pour ce faire un cadre de 7 assistants de sécurité (alors que nous en demandions 8 !). A nouveau, il s’agissait d’une excellente mesure prise par les autorités fédérales. Ce renfort substantiel nous permettait de mettre plus de policiers sur le terrain et de les dégager de cette mission à caractère fédéral. Malheureusement, ces derniers mois ont vu ce cadre se rétrécir pour devenir peau de chagrin. Sur un effectif de 7, il ne nous en reste que 4 dont un est absent pour une longue durée. Soit un total de 3 !! A l’aube de ce procès d’Assises où tous les effectifs sont nécessaires, nous ne disposons donc plus que d’une moitié de cadre. Malgré nos demandes pressantes, les autorités fédérales ne veulent aucunement changer cette situation. L’argument est un budget restreint ou une priorité donnée à Bruxelles (alors que nous recevons dorénavant leurs procès d’Assises !!!).
3 L’attractivité des zones bruxelloises Enfin, nous revenons sur les revendications de nos collègues de Bruxelles. Nous pouvons bien évidemment comprendre leurs demandes qui semblent légitimes. Mais nous insistons également auprès des autorités fédérales pour que notre zone ainsi que toutes les zones de police du Brabant wallon ne soient pas oubliées. Nous avons régulièrement été victimes des priorités placées sur les grandes villes comme Bruxelles ou Charleroi. Notre effectif en pâtit car les recrutements sont quasi impossibles.
4 La révision des dotations fédérales et de la norme KUL Nous terminerons cette conférence par une demande pressante auprès des autorités fédérales. En 2010, la dotation fédérale n’a pas augmenté. Elle a même diminué en cours d’année 2009 suite à une réévaluation des autorités fédérales. Nous nous sommes enquis des raisons de cette diminution. Si les arguments techniques qui nous ont été fournis forment une sorte de logique (la dotation avait été surévaluée face à l’absence d’indexation durant 2009), il n’en reste pas moins que cette dotation constitue la moitié de notre budget et qu’une diminution se fait irrémédiablement sentir. En fin de chaque année, nous devons prévoir les dépenses pour l’année à venir. Nous nous basons sur le montant que les autorités fédérales nous annoncent. Lorsqu’elles le diminuent en cours d’exercice, les dépenses ont bien souvent été engagées et les communes doivent donc combler le trou. C’est un peu comme si on vous diminuait votre salaire en cours d’année alors que vos crédits sont déjà en cours.
Conclusion La situation est tendue. Si nous voulons éviter le pire, les autorités fédérales doivent prendre leurs responsabilités et ne pas mettre tout sur le dos des instances communales.
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