| le 28-07-2009 11:37 |
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« Quoi, hein, j’entends pas bien….baliverne... sornette, bah, oui avec l’âge, je deviens dure de la feuille…la vieillesse oui, oui, mais attention j’ai toute ma tête, madame la policière, j’ai travaillé comme tout le monde, j’étais ingénieur, j’avais une maison, une fille qui vit en Espagne et que je ne vois plus ». « C’est gentil de venir me voir madame la policière, avec l’âge on nous oublie un peu » « Je peux vous servir un café, madame la policière, bah oui la vieillesse, c’est comme, c’est comme…. »
La vieillesse c'est comme la richesse, on ne sait pas quand elle commence. Nous vivons dans une société où les médias prônent plutôt, la forme, le dynamisme, la conservation de la jeunesse. Le progrès médical de plus en plus performant prolonge cependant l'espérance de vie. Il apparaît pourtant comme une évidence que les « Aînés » sont nos racines. La vie est un cycle qui nous entraîne inéluctablement vers la « sagesse ». Dans ce contexte, la démographie pour deux mille trente prévoit une croissance des « Aînés » de vingt cinq pour cent. Nous devons garder à l’esprit que dans un futur proche ou éloigné, nous serons concernés par ce sujet. Tout policier de proximité doit donc porter une attention particulière aux seniors. Les seniors ont encore besoin de notre écoute. Car l’écoute est la porte ouverte au respect et à la prévention de tous citoyens, qu’importe son âge. En date du 12 mai 2009, deux agents de quartier de la zone de Nivelles-Genappe ont assisté à une conférence au sujet de la maltraitance des "Aînés". Effectivement l'Inspecteur Principal Alex Baudouin et moi même, Inspecteur Touria Niya étions dans la salle pour cette conférence visant à sensibiliser tout un chacun aux bien être des « Aînés » dans notre société. Quel fût le plaisir de constater que ce sujet a réuni plus ou moins deux cent personnes dans l'auditorium du Palais des Congrès de Namur. Cette matinée d'échanges et de réflexions rassemblait divers corps de métiers. Sociologues, professeurs d'université, directeur de maison de repos et personnel éducatif ont pris la parole à tour de rôle pour sensibiliser à la maltraitance des « Aînés ». La maltraitance des aînés existerait depuis la nuit des temps, dans divers milieux. Elle peut se développer dans les familles d'accueil, dans les pensions. Depuis la fin du vingtième siècle, ce problème est de plus en plus pris en considération. Où commencent la vieillesse et la maltraitance? Des questions qui demandent une réflexion au cas par cas. La maltraitance pourrait commencer dans notre vocabulaire inapproprié mais tellement courant. Par respect pour les seniors, nous les nommerons plutôt comme étant « nos Aînés ». Bannissons les termes : vieillards, vieux, hospice de vieillards. Ces termes peuvent être humiliants et dégradants pour eux. Commencer par soigner notre vocable est déjà est un geste valorisant à l’égard de nos « Aînés ». Citons, par exemple, le terme très souvent employé de « placer une personne dans une maison de vieillards ». On aurait tendance à placer un objet dans une étagère et non un être humain. Optons donc plus tendrement pour « changer de lieu de vie », « déménager dans une institution d’accueil ». Comment peut-on définir la maltraitance des personnes plus mûres? La maltraitance peut être définie comme un acte isolé ou répété, une absence d'aide ou de soutien dans le cadre d'une relation de confiance. Cette situation provoque des émotions négatives. Il peut s'agir d'acte d'exploitation financière ou matérielle. Cette maltraitance peut être observée en famille ou dans des milieux d’accueil pour personne du troisième age. Le refus d’écouter les « Aînés », le manque de choix dans leur fin de vie face à la famille, la négligence, l’isolement, l’atteinte à l’intégrité physique, l’atteinte aux droits juridiques de nos « Aînés » sont aussi considérés comme de la maltraitance. Nous pouvons citer : un manque de choix de s’inscrire ou non dans un home, l’obligation de vendre sa maison pour ses enfants. En Belgique, il est très difficile de chiffrer la maltraitance des personnes âgées. Il n’existe pas de banque de données sur cette forme de maltraitance. Seules des enquêtes aléatoires peuvent nous donner quelques renseignements. Ces chiffres sont de plus dénaturés par le chiffre noir, c'est-à-dire le chiffre du « silence ». Les facteurs de non dénonciation de ces faits peuvent être : la démence, la peur de l’abandon par la famille, la peur d’être placé dans un home, la pauvreté, l’isolement social. Certains seniors prennent l’initiative de visiter, de choisir l’endroit où ils résideront en continuité de vie. Le choix de la maison de repos sera alors effectué en fonction de leur volonté et non dans l’urgence par la famille. Même une personne qui aurait choisi son lieu de fin de vie et qui accepte ce changement en souffre secrètement. Une « Aînée » nous dit un jour lors de sa domiciliation au home : « personne ne veut quitter sa maison, mais on ne veut pas être un fardeau pour nos enfants, alors on fait pour un mieux ». Les mentalités ont effectivement fort changées. D’antan, nous gardions nos patriarches à la maison pour les soigner. A l’heure actuelle, le couple travaille à deux et à temps plein Il est plus difficile d’en assumer correctement les soins. La famille se sent donc plus rassurée de savoir le parent ou le grand parent entre de bonnes mains dans une institution. Au niveau de ces institutions, le confort et le bien être des « Aînés » doivent impérativement primer sur l’organisation de la pension. Effectivement, si le bien être du client est amoindri par l’organisation, il subsisterait un grand souci dans l’approche et le temps consacrer à l’écoute des « Aînés » dans les centres d’accueil. Soyons donc attentif à ne pas laisser nos « Aînés » dans l’isolement. Lors de cette conférence nous participions à l’inauguration officielle de la nouvelle Agence Wallonne de lutte contre la maltraitance des personnes âgées. Respect Seniors est le nom choisi pour cette agence. Six agences de Respect Seniors sont disponibles en Belgique (Brabant wallon, Hainaut occidental, Hainaut oriental, Liège, Luxembourg et Namur). L’adresse de contact pour le Brabant Wallon étant : Rue du Môle, N°5 1420 Braine- l'Alleud Tel : 02/387.59.00 Fax : 02/387.29.00 Un numéro gratuit est également disponible au public 0800/30.330. Votre agent de quartier reste également une personne de contact disponible et à l’écoute. Il patrouille régulièrement dans votre quartier. Comme n’importe quel contribuable, les seniors en continuité de vie sont des citoyens qui en tout temps bénéficient des services de leur agent de quartier. En tant que policier, nous rappelons que toute forme de maltraitance est réprimée par le code Pénal. Alors comme le dit le slogan n’oublions pas Le « Respect Seniors ». Nos seniors incarnent l’expérience de vie et la sagesse. La société doit être sensibilisée à la reconnaissance des personnes plus mûres. Soyons à leur écoute. Encourageons ensemble, la prévention, et la recherche des causes de ces maux en participant à une prise de conscience personnelle. Luttons contre la maltraitance de nos Aînés car leur bienveillance est la logique incontournable. En conclusion Le Respect des Seniors est une démarche collective. La culture de la bientraitance est la nouvelle mentalité à adopter individuellement et à inculquer à notre société et à nos enfants. Et ce pour un meilleur accueil pour les « Aînés » que nous deviendrons ainsi que nos enfants . Car face à notre maturité, nous ne trouverons que le fruit de notre travail d’aujourd’hui en retour à nos attentes. Car la jeunesse est le temps d’étudier la sagesse afin de pouvoir la pratiquer dans nos jours de paresse. Car c’est avec des adolescents qui durent longtemps que la vie donne des leçons aux gens….Alors jeunesse, levez-vous pour offrir votre place assise à votre « Aîné », afin qu’une nouvelle ère de respect recommence…. Inspecteur Niya Touria.
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