| Continuons à vivre ensemble |
| Écrit par Chef de corps | |
| 31-08-2008 | |
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Bonjour,
Hier, par un beau soleil radieux, j'ai eu la chance, et j'insiste sur le mot "chance", de participer à une marche qu'un célèbre organisme (que je ne citerai pas pour ne pas faire de concurrence à l'autre fédération) organise tous les dimanches.Quel est le lien avec notre site Internet, me direz-vous? Lisez donc la suite pour le savoir. Avant de m'y rendre, je devais passer à proximité d'un centre d'accueil pour personnes handicapées moteur. On dirait aujourd'hui "Personnes à mobilité réduite". Peu importe, le fond est bien plus important que tous ces combats de vocables. Autour de ce centre, des travaux. Pour y entrer ou en sortir, pas moyen d'éviter les embarras de circulation. C'est donc dans la poussière que je parcourus les deux ou trois cents mètres de travaux. Au milieu de ceux-ci, sur la route déformée, se trouvait un des résidents du centre, dans une de ces voitures motorisées qui leur donne maintenant l'accès au monde qu'ils connaissaient avant leur accident, leur maladie, leur problème médical quel qu'il soit. Grâce à ma vitesse réduite qui évitait le nuage de poussières que d'autres n'hésitaient pourtant pas à jeter sur ce résident, je pus me rendre compte des difficultés que cet homme avait à parcourir ces quelques mètres, si faciles pour nous, bipèdes. Poursuivant mon allure lente, je passais à ses côtés et lui envoyais un sourire de sympathie. Pas de réponse. Pourquoi? Sans doute, me disais-je, était-il préoccupé par le reste de son retour.
Arrivé sur les lieux de la marche, je choisis la distance intermédiaire, souvent facile mais parcourant des paysages escarpés. L'effort commençait. Une grande descente, une grande montée. Une grande descente, une grande montée. Et ainsi de suite pendant les quelques kilomètres d'effort. Tout au long de mon parcours, je n'arrivais pas à oublier l'image de ce résident qui se battait dans un environnement hostile, pour lui, mais si aisé, pour nous. Je comparais son combat au mien. L'allure était vive mais mes pieds, mes genoux, mes hanches tenaient bon. De bons, pas, j'arrivais à franchir les pierres couvrant le chemin, à tenir sur les pavés mouillés et à descendre les vives pentes de la forêt. Des pieds et des jambes actifs. Tout ce que n'avait plus ce résident. De temps à autres, je croisais des landaus poussés par des parents attentifs. Le périple était deux fois plus dur pour eux. Quel douleur pour certains parents dans les pentes et côtés ardues du parcours! Inexorablement, le lien se mettait en place. Si j'ai la chance d'avoir des membres inférieurs qui me suivent, ce n'est pas le cas de ces personnes. Parfois, les parcours de marche reprenne une possibilité pour les personnes handicapés de suivre une partie du chemin. Ici, non. Il était donc difficile de ne pas avoir un sentiment de solidarité.
Alors que je cherchais encore une idée de thème pour mon édito du mois avant cette marche, il était maintenant tout trouvé. Tous les jours, nos services sont confrontés à des usagers de la route égoïstes qui oublient la chance qu'ils ont de marcher sur leurs deux jambes. Des usagers qui n'hésitent pas à prendre une place de stationnement réservée pour les personnes handicapées, sans remords, simplement pour marcher moins. Des usagers qui oublient que ces emplacements ont une largeur plus grande que les autres parkings pour permettre tous les mouvements utiles à ces personnes à mobilité réduite. Des usagers, enfin, qui oublient le minimum de solidarité nécessaire à un bon fonctionnement en société. Malheureusement, nos équipes doivent (trop) souvent verbaliser ces usagers. Comprendront-ils un jour pourquoi nous le faisons? Je l'espère. C'est notre seul but. Et j'espère que cet éditorial y contribuera. N'oubliez pas: la société se vit ensemble, tous ensemble.
Bonne rentrée des classes. Commissaire divisionnaire Pascal Neyman
PS: Bien sûr, certains s'attendaient à un article sur la rentrée des classes et l'irresponsabilité de certains parents autour des écoles quand ils se garent n'importe où, mettant à mal la sécurité des autres bambins. Non. J'ai préféré axer mon édito sur un problème qui me tient à coeur. Mais, je ne suis néanmoins pas si loin de ce thème classique de la rentrée. En effet, se garer sur un emplacement handicapé ou se garer sur un trottoir ou devant l'entrée de l'école relève, selon moi, d'un même sens d'incivisme. Il est difficile pour moi d'accepter l'un ou l'autre comportement. Et, tout aussi malheureusement, nous veillerons à continuer nos actions de prévention mais surtout de répression contre ces usagers qui n'auront pas entendu cet n-ième message.
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