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Des couleurs à la police de Nivelles - Genappe
Écrit par Murielle Verheven   
26-06-2008

    De nos jours, il est difficile de trouver un emploi stable qui nous assure une évolution de carrière.
La discrimination à l’embauche est encore présente dans certains secteurs d’activité.

    La police reste encore un des seuls secteurs à ouvrir ses portes aux candidats sans discrimination ethnique, d’âge, de sexe ou de couleur.

Je m’appelle Touria Nya. Je suis une femme belge d’origine marocaine âgée de trente-cinq ans. Depuis un an, je suis Inspecteur de quartier à la zone de police Nivelles-Genappe. À l’aube de la trentaine, la police m’a permise de m’épanouir et de changer le cap de ma vie.

    Lors de mon entretien de sélection, dans le cadre de mon poste d’agent de quartier, ma culture et mes origines sont devenus des atouts de taille afin d’obtenir cette place que je désirais tant.
    La commission de sélection a été apparemment convaincue par mon argumentation. Je voyais ma diversité, ma différence et ma culture comme des richesses pour une zone de police comme celle de Nivelles-Genappe.
    Un petit rayon de soleil du sud dans la zone de police Nivelles-Genappe…. Mes collègues m’ont accueillie avec respect et considération lors de mon entrée en juillet 2007. En guise de bienvenue, nous avons partagé un bon thé à la menthe fraîche, des biscuits au miel et des dattes. Les dattes et le miel adoucissent les mœurs et sont synonymes de « douceur ». Qui ne craquerait pas devant « cette sweet attitude » ?
    Mon intégration au sein du service de la proximité « Nivelles » fut immédiate et ce malgré mes origines arabo-islamiques.

    Par ma culture, j’ai pu sensibiliser mes collègues à la signification des fêtes musulmanes. Grâce à cet apport d’information, ils ont pu souhaiter « bonne fête » aux musulmans faisant partie de leur quartier d’attribution. Petit à petit, ils ont pu également respecter un collègue pratiquant le ramadan. Ils ont pu comprendre l’importance de la prière du vendredi midi. Une ouverture d’esprit et une tolérance sont ainsi apparues. Depuis lors, les agents de quartier respectent les us et coutumes des musulmans au cours de leur visite en quartier.

    Dans le cadre de certaines enquêtes, j’ai pu assurer l’interprétation en arabe avec des citoyens ne parlant pas aisément le français.
    Un jour, notre Inspecteur Principal ne comprenait pas un vieil homme de son quartier victime d’un incident. Il n’arrivait pas à déterminer la nature de l’incident.
J’ai accompagné mon collègue chez ce citoyen. En discutant en arabe avec ce dernier, il a pu m’expliquer que son véhicule avait disparu.
Il nous a ainsi fourni les éléments nécessaires afin de constituer un dossier complet.
    J’ai servi, en quelque sorte, d’intermédiaire et, cela, grâce à ma différence. N’est-ce pas une véritable richesse ? Je dis bien plus encore : une mine d’or pour la zone de police Nivelles-Genappe.

    Sur Wikipédia, encyclopédie libre sur Internet, le racisme est défini comme suit :
« Le racisme est une idéologie fondée sur une croyance, qui remonte à la renaissance et postule une hiérarchie entre les êtres humains selon leur origine ethnique, désignée sous le terme de race ».

    Exactement, il s’agit bien d’une idéologie et malheureusement traduite par une croyance … Quoi de pire que la croyance … ;
    Croire qu’on est intercepté par la police parce qu’on est jaune, noir ou basané…
    Croire qu’on est contrôlé à cause de notre couleur ou différence …
Quel handicap gênant que cette croyance ancestrale ! Elle empêche la réalisation d’un bon travail policier sur le terrain !

    Le policier, sur le terrain, doit agir et réagir face à un danger, à un signalement reçu par radio, à une infraction commise ou face à l’insécurité et la délinquance. En aucun cas, il ne réagit face à une ethnie, une race ou face à un étranger !
    Ce sont les croyances qui attisent, qui provoquent une tension lors d’un contrôle de routine et ce jusqu’à tourner parfois en rébellion.

    Pourtant, je reste persuadée qu’un policier ne peut qu’être attentif en passant à côté d’un noir, d’un jaune, d’un basané et, ne marquer aucune réticence sous prétexte qu’il est coloré.

    Le rôle du policier est d’offrir le même service à la victime et d’adopter la même attitude face à un suspect ou face à une action. Quelles que soient les actions : contrôle alcool, contrôle de personnes ou fouilles corporelles. Peu importent les origines !

    Dans notre monde actuel, le policier ne peut reculer et ne peut se défendre en cas d’agression physique et verbale sous prétexte de se faire taxer de « raciste ».
    C’est malheureusement cette croyance discriminatoire qui nous met des bâtons dans les roues et empêche parfois le citoyen d’obtempérer à un ordre ou à un contrôle policier.

    Noir, blanc, jaune ou basané, vieux, jeune ou handicapé seront accueillis dans notre zone avec les mêmes mots d’ordre : professionnalisme, respect et humanité.
    Dans tous les cas, ce sont les valeurs propagées au sein de notre zone par notre Chef de corps et par les autorités supérieures.

    Pourtant peut-on encore parler réellement d’étrangers à Nivelles ?
La personne issue de la deuxième génération comme moi est belge de naissance. Je vis dans mon pays natal. Dès lors, pourquoi ressentirais-je un malaise à cause de mon origine ?

    Dans le cadre de mon travail de quartier, j’ai parfois été interpellée sur mes origines par des citoyens. Ces différents questionnements me donnent la possibilité d’informer le citoyen sur ma culture d’origine. L’interrogation qui m’est alors formulée ne m’agresse nullement.
Ma sympathie et mon aisance ouvrent les portes au changement des mentalités pendant mes rencontres.

    Récemment, j’ai été particulièrement touchée de recevoir une invitation du comité de quartier de THINES à leur première brocante du 1er juin qui se déroulait en plein milieu du village. Ce fut un honneur pour moi de recevoir un courrier me remerciant de mon travail.
    Recevoir ce courrier a été un réel honneur pour moi. Ce jour-là, le soleil était au rendez-vous et ma présence était pour mes villa « joies » un plaisir partagé. J’ai pu faire connaissance avec des personnes que je n’ai pas l’occasion de rencontrer pendant la semaine.

    Si un jour, parmi mon parcours professionnel, je me retrouvais face à un citoyen irrité par mon origine et mon teint basané, je le prendrais plutôt comme une répulsion face à mon uniforme. Je le prendrais au second degré. La réaction de ce citoyen serait plutôt une révolte contre la représentation policière traduisant l’autorité et la sanction. Dans ce cas de figure, je ne manquerais pas de me défendre en cas d’agression même face à un « petit poids vert » … (Humour coloré).

    Je clôture cet article en précisant que notre zone est constituée de personnel coloré. Des policiers belges d’origine pakistanaise côtoient des policiers d’origine italienne, marocaine (moi-même), sicilienne, grecque, française et polonaise.

    Notre Chef de corps est une personnalité attentive, à l’écoute de son personnel et des citoyens. À Nivelles, nous travaillons tous main dans la main.

    La Belgique, le Maroc, l’Italie, le Pakistan, la France, la Pologne, la Grèce et la Sicile ne forment qu’une seule et unique patrie appelée
« Police de Nivelles-Genappe » avec une seule devise : le service aux citoyens pour une vie meilleure.


                                                                                                                                                                    Inspecteur Niya TOURIA
 
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