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 Chère et cher internaute, bonjour et bienvenue, Soyons fous! Comme édito de ce mois, je vous propose le roman de l'été. Cliquez sur le titre de cet article pour le découvrir en avant première!
Chapitre Un de ce mois de juin Suzanne était restée debout derrière sa fenêtre toute l'après-midi. Une pluie battante, telle que le mois de juin sait les faire. Les clapotis de l'eau sur la vitre l'avait enivrée. Elle était restée là, pensive et songeait à demain car la météo de la chaîne nationale avait promis du beau temps. Une magnifique journée ensoleillée qui allait certainement lui permettre, à elle et ses enfants, de passer la journée dans le parc d'attraction de la ville d'à côté. Quel plaisir que ces journées de juin où la chaleur se fait à nouveau sentir sans être étouffante comme durant les mois de juillet et d'août ! Ils partiraient tôt pour profiter au maximum de cette journée. Pourtant, elle hésitait. Ils habitaient depuis 4 ans dans un beau quartier de la campagne. Un de ces lotissements bien choisis et bien conçus qui permettent de profiter des plaisirs de la campagne tout en étant proches des axes donnant accès à la capitale. Quelle bonne idée ses parents avaient eu de leur conseiller ce coin! Les voisins étaient proches sans être envahissants. Quoique, à vrai dire, Suzanne se faisait maintenant la réflexion qu'elle ne connaissait pas vraiment ses voisins. Celui de droite était de la quarantaine, un ou deux enfants et une épouse très stressée, si on en jugeait la vitesse de ses déplacements en voiture. Celui de gauche? Oui, celui de gauche? Il lui était inconnu. Elle connaissait pourtant Jacques et Yvonne, habitant au début de la rue. Bien sympathiques, ils n'hésitaient jamais à faire un petit signe quand Suzanne et Pierre, son compagnon, passaient pour partir au travail ou en balade. C'est décidé, demain serait cette journée au parc d'attraction que les enfants désiraient tant depuis le début de cette année, durant ces mois pluvieux et froid que la Belgique connaissait tant. Chapitre Deux de ce mois de juin Très tôt, Suzanne avait préparé les lunch de ce midi. De petits sandwichs accompagnés des légumes cueillis dans le jardin ce matin. Dans la rosée de l'aurore, elle avait encore pu apprécier la beauté de son jardin, objet de tous les soins de Pierre. Elle avait souri quand elle avait vu le cabanon des outils encore ouvert, sans doute laissé de la sorte lors des travaux d'avant-hier, quand il avait fallu tailler la haie: "Ni trop basse ni trop haute car, pour vivre heureux, vivons cachés" comme le répétait souvent Pierre. Et c'est vrai que la hauteur qu'il avait choisie était idéale: un peu plus haute qu'un homme, afin de rester cachés des voisins mais de ne pas trop cacher la lumière du jour. En réveillant les enfants, elle avait pris soin d'aérer les chambres et couloirs. Toutes fenêtres ouvertes. La journée se promettait radieuse, aucun risque donc d'une pluie envahissante. Les préparatifs furent assez courts. Pierre avait sorti la voiture dans l'allée du garage et avait vite rempli le coffre des victuailles et autres boissons fraîches. Ils furent vite partis. Les volets de Jacques et Yvonne étaient encore fermés. La rue paraissait bien vide car ils ne rencontrèrent personne. Chapitre Trois de ce mois de juin La journée s'étaient magnifiquement déroulée. Les enfants avaient adoré, plus encore que les autres années, la parade des fleurs, fleuron de ce parc depuis des années. Il faut dire que le soleil avait marqué les esprits. Un ciel magnifique où rayonnait la joie du public et des parterres inoubliables où mouraient les jets magiques des fontaines fantaisistes. Un régal pour les yeux et pour tous les autres sens! Le retour s'était passé dans la joie quand les enfants avaient entonné les dernières chansons de l'école. Arrivés dans la rue, ils furent, comme d'habitude, salués amicalement par Jacques et Yvonne qui, contrairement à d'habitude, semblaient tracassés. Mais Pierre ne s'arrêta pas, respectant son sacrosaint voeu de ne pas se mêler des problèmes des voisins. L'allée du garage, bien dégagée, permis aux enfants de vite sortir de la voiture car la nature humaine reprenait vite ses droits et le voyage avait paru long aux jumeaux. Comme à l'habitude, ils entrèrent par la porte de derrière dont ils avaient la clé, depuis qu'ils étaient entrés en sixième primaire. Suzanne entendit deux cris, stridents et simultanés. En trois pas, elle rejoignit la porte arrière. Celle-ci avait bien été ouverte par les clefs des enfants qui n'avaient rien sauf un visage empli de surprise et de peur. Suzanne constata très rapidement que des intrus s'étaient introduits dans la maison sans utiliser les voies habituelles. La maison était dévastée. Des vêtements jonchaient le sol et les tiroirs de la commode étaient vidés. La salon était sens dessus dessous. Toutes les couvertures, mouillées, traînaient sur le sol, maculé de farine et de sucre. La télévision et le lecteur DVD avaient disparu. Le meuble où se trouvait la chaîne hifi paraissait maintenant nu. Le buffet était ouvert, laissant apparaître ça et là les tasses cassées sur les étagères. Pierre, qui était entré après avoir sorti les affaires du coffre, pleurait devant ce désastre. Il se rendit dans les chambres où il vit les fenêtres grandes ouvertes. Il comprit vite par où les violeurs de leur demeure étaient entrés. Rien ne semblait disparu mais tout était jeté sur le sol, sans raison apparente. Il se rendit dans le jardin où il constata que son cabanon était également grand ouvert. Une tronçonneuse, un taille-haie et une scie sauteuse semblaient avoir largement satisfait les intrus car ils ne se trouvaient plus sur les étagères, jonchant dorénavant le sol. Chapitre final de ce mois de juin - épilogue Le lendemain, alors que la maison résonnait encore des pas des policiers venus constater les dégâts, Suzanne avait saisi son téléphone et composé le numéro de téléphone qu'elle avait distraitement noté sur un coin de son calendrier quelques mois plus tôt mais que les policiers d'intervention lui avait gentiment rappelé: 078/153050. Un numéro inconnu jusqu'à présent mais dont elle avait l'intuition à l'époque qu'il lui serait utile un jour. Une voie féminine électronique lui indiqua la marche à suivre et l'orienta rapidement vers un homme, à la voie jeune mais rassurante: "Je peux venir cet après-midi, madame, si ça vous convient. D'autres maisons de votre quartier ont également été visitées et je verrai donc certains de vos voisins également. Pas de culpabilisation, pas de reproches. Quelques questions posées rapidement qui firent vite comprendre à Suzanne que certaines choses devaient changer: "Les fenêtres étaient-elles bien fermées?" "Avez-vous une haie?" "Vos voisins ont-ils la possibilité d'observer votre habitation pendant vos absences?" "Vos voisins connaissent-ils votre numéro de téléphone?". La journée était moins belle aujourd'hui qu'hier car le soleil se cachait derrière quelques nuages. Suzanne savait que le passé ne pouvait être réparé: ce qu'ils n'avaient jamais imaginé était arrivé et rien ne serait plus jamais pareil. Mais la vie restait belle et la voix sereine du policier l'avait rassurée. Elle était dorénavant convaincue que la sécurité de sa famille passait aussi par quelques réflexes qu'elle et Pierre avaient sans doute trop vite écartés. Suzanne regarda ses vitres et vit qu'il était temps pour elle de les nettoyer. La pluie de l'avant-veille avait laissé de bien laides traces. Une envie irrésistible de tout nettoyer, de repartir de zéro, de prendre sa vie en main. Le mot de l'auteur Suzanne sera-t-elle seule à prendre sa sécurité en main? Nous pouvons vous y aider. Votre agent de quartier est spécialement formé pour vous aider à sécuriser votre habitation. N'hésitez pas à le contacter. Bonne vacances. Commissaire divisionnaire Pascal Neyman Chef de corps |