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Le service Proximité
Écrit par Murielle Verheven   
29-07-2010
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Le service Proximité
L

Depuis la réforme des polices, s'il y a une évolution qui a particulièrement retenu l'attention, c'est l'importance désormais accordée à la police de proximité.

Ainsi, depuis la création de la zone Nivelles-Genappe, l'augmentation du cadre a bénéficié presque essentiellement à ce service.

Nul doute que ce développement des moyens policiers est de nature à rencontrer les aspirations du plus large public.

S'il est aujourd'hui au coeur de l'actualité policière locale, il revient pourtant de loin notre brave agent de quartier. En effet, dans les années 80 déjà, à l'actualité judiciaire douloureusement marquée dans notre région par ce qu'on a appelé les tueries du "Brabant", le travail de la police communale ou de la gendarmerie a fini par ressembler de plus en plus à celui des pompiers.

Il fallait surtout réagir vite aux appels, pour faits criminels, au lieu d'agir préventivement par une présence régulière dans la rue. A cette situation déjà préjudiciable à la police de proximité, il faut ajouter que dans bon nombre de communes, la fonction d'agent de quartier avait été pratiquement abandonnée faute d'en avoir saisi l'importance, ou par pénurie de personnel, par engouement pour la motorisation ou la fièvre de la permanence 24 heures sur 24, ou encore à cause d'une nouvelle culture policière et des inconvénients d'une familiarité trop grande entre le fonctionnaire et le public.

Dans bien des corps de police, l'agent de quartier s'est senti orienté vers une voie de garage ou une fonction de fin de carrière dans l'organigramme, avec peu ou pas de possibilités de promotion ou de stimulants financiers, noyé dans des tâches impropres, sans formation spécifique, sans appui...

Il y a eu ensuite les années noires marquées par ce qu'il est presque impossible d'appeler autrement que "l'affaire Dutroux", qui a finalement provoqué une véritable refonte de nos systèmes policiers.

Depuis, nombreux sont ceux qui ont reconnu que la disparition progressive de l'agent de quartier avait élargi l'abîme entre la population et la police et que de nombreuses sources d'informations policières, qui ne jaillissaient que grâce à la confiance et le contact régulier, s'étaient progressivement taries...

Et pourtant l'importance de l'agent de quartier était et reste évidente, tant au niveau judiciaire qu' administratif et préventif.

Sa fonction exige une connaissance approfondie des individus et des situations de la circonscription dont il a la charge.

Une police qui n'est pas présente au sein même de la population est une police aveugle et sourde. Une police de proximité est, en dehors des services rendus à la population, l'oeil et l'oreille de l'administration et de la justice.

Elle doit être capable de saisir à temps les problèmes psychosociaux et d'en transmettre les signaux aux personnes, aux autorités et serices responsables.

Elle doit être "interpellable", voir et être vue, afin que sa seule présence agisse de manière préventive.

Cependant, l'agent de quartier demeure malgré tout un fonctionnaire de police.

Il ne sera jamais un assistant social, ni un juge de paix, ni un ombudsman, bien qu'il lui appartienne pourtant d'assimiler quelque chose de toutes ces fonctions...

La Zone de Police Nivelles-Genappe a donc choisi de faire renaître et de développer la police de proximité.

Au centre du concept "Agent de quartier", il y a la certitude redécouverte que la population est la partenaire de la police et non son adversaire. L'agent de quartier se veut avant tout un gestionnaire de quartier, répondant par excellence à l'image que l'on se fait d'une police visible, accessible, contactable, et attentive aux problèmes qui lui sont exposés.

Par ailleurs, l'image folklorique de l'agent de quartier a été combattue pour faire place à celle d'un fonctionnaire de police professionnel.

Le concept "gestionnaire" est primordial car il désigne une personne qui "gère" véritablement, qui approche les problèmes pour tenter de les résoudre.

Pour cela, le gestionnaire doit donc connaître ces problèmes, prendre contact avec les partenaires de la zone (services d'intervention, service local de recherche, chefs de services, directeurs, service d'assistance aux victimes,...) ou extérieures à la zone (citoyens, comités de quartier, associations de commerçants, d'entreprises, services publics, autorités diverses...).

En synthèse, l'agent de quartier doit connaître tout ce qui se passe dans son secteur et est amené à pouvoir trouver aisément des solutions tout en sachant qu'il n'en sera pas toujours le maître d'oeuvre.

Le service proximité auquel il appartient répond ici pleinement au rôle de "charnière" qu'il est amené à jouer entre le citoyen et les autorités.

 
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